Les variantes du rami : rami 51, gin, Scala 40 et les autres

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Les variantes du rami partagent toutes le même principe : piocher, former des combinaisons (brelans et suites), défausser et se débarrasser de ses cartes avant les autres. Ce qui change, c’est le nombre de cartes, la place des jokers, le seuil pour poser la première fois et la manière de compter. En France, on joue surtout au rami 51. Ailleurs, on trouve le gin rummy américain, la Scala 40 italienne, le Rommé allemand, le rami indien et des cousins plus lointains comme la canasta ou le Rummikub.

Voici un tour d’horizon, sans prétendre à l’exhaustivité : chaque variante a elle-même ses variantes, et deux familles d’un même village ne jouent pas toujours pareil.

Les variantes du rami en un tableau

Variante Où Cartes Ouverture Particularité
Rami 51 France 2 jeux + jokers, 13 cartes (14 pour le premier dans certaines familles) 51 points, parfois avec une suite sans joker Le « rami » d’un coup souvent récompensé
Gin rummy États-Unis 1 jeu, 10 cartes, à deux Pas de pose pendant la manche On « frappe » quand les cartes isolées sont faibles
Scala 40 Italie 2 jeux + jokers, 13 cartes 40 points Très proche du rami 51
Rommé Allemagne 2 jeux + jokers Souvent 40 points Nombreuses règles locales
Rami indien Inde 2 jeux + jokers, 13 cartes Pas de pose progressive Il faut une suite « pure » pour finir
Canasta Amérique du Sud 2 jeux + jokers, en équipes Seuil selon le score On collectionne des groupes de 7 cartes
Rummikub Jeu de tuiles 106 tuiles 30 points On réarrange librement la table

Les détails de ce tableau sont les formes les plus courantes. Vous trouverez toujours une table qui fait autrement.

Le rami 51, la version française

C’est le rami que la plupart des Français ont appris en famille. Deux jeux de 52 cartes, des jokers, 13 cartes par joueur. Pour poser la première fois, il faut étaler au moins 51 points, avec les figures à 10 et l’as à 11. Beaucoup de tables exigent en plus une suite sans joker dans cette ouverture.

Ce qui varie le plus :

  • le nombre de jokers et leur valeur en pénalité ;
  • l’obligation, ou non, de poser tout de suite la carte prise à la défausse ;
  • le sort du joker récupéré sur la table ;
  • le bonus quand un joueur fait « rami » en posant toute sa main d’un coup.

Le seuil d’ouverture est le grand sujet du rami 51 ; on l’explique en détail dans l’article sur la première pose.

Le gin rummy, le rami à deux à l’américaine

Le gin se joue à deux, avec un seul jeu de 52 cartes et sans joker. Chacun reçoit 10 cartes. La grande différence : on ne pose rien pendant la manche. On garde ses combinaisons en main, puis un joueur « frappe » quand ses cartes hors combinaison valent peu de points (10 ou moins dans la règle courante). Si toute sa main est en combinaisons, il fait « gin ». L’adversaire étale alors ses propres combinaisons et peut caser ses cartes isolées sur celles du joueur qui a frappé, sauf après un gin.

C’est un jeu plus serré, plus calculateur. On compare les deux jeux point par point dans notre article rami et gin rummy.

La Scala 40, le cousin italien

En Italie, la Scala 40 (on dit aussi « Scala Quaranta ») est très proche du rami 51 : deux jeux, des jokers, 13 cartes, des brelans et des suites. Le seuil d’ouverture est de 40 points, d’où le nom. Le jeu s’appelle « ramino » en Italie au sens large, la Scala 40 étant une de ses formes les plus connues.

Le Rommé allemand

En Allemagne et en Autriche, le Rommé se joue lui aussi avec deux jeux et des jokers. L’ouverture à 40 points est une règle fréquente, mais les règles de maison sont nombreuses, comme chez nous. Pour un joueur de rami 51, la transition est quasi immédiate : on retrouve les mêmes gestes, avec un seuil un peu plus bas.

Le rami indien

Le rami indien se joue avec 13 cartes et deux jeux. Pour gagner, il faut « déclarer » une main entièrement organisée en combinaisons, avec au moins deux suites dont une « pure », c’est-à-dire sans joker. On ne pose pas progressivement sur la table comme au rami 51 : la main se révèle à la fin. Le jeu utilise souvent, en plus des jokers imprimés, un joker tiré au hasard en début de partie, dont tous les exemplaires deviennent des jokers.

La canasta et les jeux en équipe

La canasta appartient à la grande famille des rami : on y forme des groupes de cartes de même rang. Mais on joue généralement à quatre, en deux équipes, et le but est de réunir des « canastas » de sept cartes. Les 2 et les jokers sont des cartes « sauvages », les 3 ont un rôle à part. Elle serait née en Amérique du Sud au milieu du XXe siècle, en Uruguay selon le récit le plus répandu, avant de connaître une grande vogue en Europe et aux États-Unis.

Le Rummikub et les jeux de tuiles

Le Rummikub remplace les cartes par des tuiles numérotées de 1 à 13 en quatre couleurs, plus deux jokers. La première pose doit atteindre 30 points. Sa particularité change tout : une fois ouvert, on peut réorganiser librement les combinaisons posées, défaire une suite pour en faire deux, déplacer une tuile d’un brelan vers une suite. C’est un jeu de recomposition plus que de défausse. En Turquie, l’okey est une autre variante à tuiles, très populaire.

Les rami « à poser » sans seuil

Beaucoup de jeux de rami en ligne, et pas mal de familles, jouent sans seuil d’ouverture : une combinaison valide suffit pour poser la première fois. C’est la forme la plus simple à apprendre, et les parties démarrent tout de suite.

C’est le choix de Café Rummy. Son règlement :

  • deux jeux et six jokers, 110 cartes, 13 cartes par joueur, de 2 à 4 joueurs ;
  • une combinaison valide suffit pour ouvrir, sans seuil ni suite sans joker obligatoire ;
  • l’as se place avant le 2 ou après le roi, jamais les deux ;
  • un joker récupéré sur la table doit être rejoué dans le même tour ;
  • un joker ne se défausse que comme dernière carte pour gagner.

C’est un règlement unique, le même en entraînement, en partie rapide et entre amis. Il ne remplace pas le rami 51 de la maison, il propose une autre façon de jouer, plus vive. Les règles illustrées sont sur la page des règles du jeu.

Comment choisir sa variante

  • Pour apprendre, un rami sans seuil : on comprend les combinaisons en quelques manches.
  • Pour une soirée en famille, le rami 51 : tout le monde le connaît plus ou moins, et les discussions sur les règles font partie du plaisir.
  • À deux, le gin rummy ou un rami classique à deux joueurs, qui devient très tactique. Voir notre article sur le rami à deux.
  • Pour ceux qui aiment réfléchir longtemps, le Rummikub et ses réarrangements.

D’où viennent toutes ces branches ? Les origines du rami sont discutées, et plusieurs pistes circulent. On les démêle prudemment dans l’histoire du rami. Pour la base commune à toutes ces variantes, il y a la règle du rami complète.

Questions fréquentes

Quelle est la variante de rami la plus jouée en France ?

Le rami 51, avec deux jeux, des jokers et une ouverture à 51 points, est la forme la plus répandue. Les détails changent beaucoup d’une famille à l’autre.

La canasta est-elle une variante du rami ?

On la range dans la grande famille des jeux de rami, puisqu’on y forme aussi des combinaisons. Elle a pourtant ses propres règles de jeu en équipe et de calcul des points.

Le Rummikub, c’est du rami ?

C’est un cousin direct joué avec des tuiles. Sa grande différence est qu’on peut réorganiser librement les combinaisons posées sur la table.

Quelle variante choisir pour apprendre ?

Un rami à poser sans seuil d’ouverture est le plus simple pour débuter : on pose vite et on comprend les combinaisons. Le rami 51 et le gin rummy demandent un peu plus de calcul.