Rami et gin rummy : les différences expliquées simplement
Le rami et le gin rummy sont de la même famille : on pioche, on forme des brelans et des suites, on défausse. La grande différence est que au rami, on pose ses combinaisons sur la table au fil de la manche, alors qu’au gin rummy, on les garde en main jusqu’à la fin. Le gin se joue aussi à deux, avec un seul jeu, 10 cartes et sans joker, tandis que le rami français se joue souvent jusqu’à quatre, avec deux jeux et des jokers. Le reste découle de là : la façon de finir, le décompte, le rythme.
Rami et gin rummy : le tableau comparatif
| Rami (rami 51, forme courante) | Gin rummy (forme courante) | |
|---|---|---|
| Joueurs | 2 à 4, parfois plus | 2 |
| Cartes | 2 jeux + jokers | 1 jeu de 52, sans joker |
| Main de départ | 13 cartes | 10 cartes |
| Pose sur la table | Oui, au fil de la manche | Non, tout reste en main |
| Ouverture | 51 points dans beaucoup de familles | Pas d’ouverture |
| Compléter les autres | Oui, après avoir ouvert | Seulement à la fin, sur la main de celui qui frappe |
| As | Bas ou haut (A-2-3 ou D-R-A) |
Toujours bas |
| Fin de manche | Un joueur vide sa main | Un joueur frappe ou fait gin |
| Score | Pénalités des cartes restantes | Différence entre les mains, bonus |
La pose : tout change ici
Au rami, la table se remplit. Dès qu’un joueur a ouvert, ses brelans et ses suites sont exposés, et chacun peut y ajouter des cartes. On voit le jeu des autres se construire. Une suite 5♥ 6♥ 7♥ posée par votre voisin devient une place pour votre 8♥.
Au gin, rien n’est posé. Chacun garde ses dix cartes en main et organise ses combinaisons en secret. Les seules informations publiques sont les cartes de la défausse : ce que l’autre jette, ce qu’il ramasse. C’est un jeu de déduction pure.
Comment se termine une manche
Au rami
Un joueur pose ou case toutes ses cartes et défausse la dernière. Main vide, manche gagnée. Les autres comptent ce qui leur reste.
Au gin rummy
Deux façons de finir :
- Frapper. Quand les cartes qui ne sont dans aucune combinaison (les cartes « mortes ») valent 10 points ou moins au total, on peut frapper : on défausse, on étale sa main. L’adversaire étale la sienne et peut caser ses cartes mortes sur les combinaisons de celui qui a frappé.
- Faire gin. Toutes les cartes sont en combinaisons, aucune carte morte. L’adversaire ne peut alors rien caser.
Exemple. Vous tenez 4♣ 5♣ 6♣, 9♥ 9♦ 9♠, V♠ D♠ R♠ et un 2♦. Votre carte morte vaut 2 : vous pouvez frapper. Si vous tirez le 3♣ et défaussez le 2♦, vos dix cartes sont toutes en combinaisons : c’est gin.
Le décompte des points
Au rami
Les perdants comptent leurs cartes en main : chiffres à leur valeur, figures à 10, as à 11 dans la règle la plus courante, joker à un tarif qui varie selon les tables. On cumule ces pénalités sur la feuille, et le plus petit total gagne. Tout le détail dans comment compter les points au rami.
Au gin rummy
Celui qui frappe marque la différence entre les cartes mortes de l’adversaire et les siennes. Un gin rapporte en plus un bonus, souvent 25 points. Et si l’adversaire a moins de points morts que celui qui a frappé, c’est lui qui marque la différence, plus un bonus de « contre » (l’undercut, en anglais), dont le montant varie selon les règles. On joue généralement jusqu’à 100 points.
| Situation | Qui marque | Combien (règle courante) |
|---|---|---|
| Frappe réussie | Celui qui frappe | Différence des cartes mortes |
| Gin | Celui qui fait gin | Cartes mortes adverses + bonus |
| Contre | L’adversaire | Différence + bonus |
Les montants des bonus diffèrent selon les livres de règles et les tables : mettez-vous d’accord avant de commencer.
L’as et les jokers
Au rami, l’as se place avant le 2 ou après le roi : A♣ 2♣ 3♣ et D♣ R♣ A♣ sont valides. Au gin, l’as est toujours bas et ne vaut qu’1 point, ce qui en fait une carte morte peu coûteuse.
Le gin n’a pas de joker. Le rami en a, et ils changent beaucoup le jeu : récupérer un joker sur la table, le placer là où il est difficile à prendre, éviter de le garder en main. On en parle dans notre guide du joker au rami.
Quel jeu choisir ?
Le rami convient mieux à une tablée. On joue à trois ou quatre, la table se remplit, on rebondit sur les combinaisons des autres. C’est plus convivial et plus ouvert, avec une bonne part d’opportunisme.
Le gin rummy est un duel. Il se joue vite, demande de la mémoire (quelles cartes sont passées, qu’a ramassé l’autre) et récompense la patience. Beaucoup de joueurs le considèrent comme le plus exigeant des deux, et ce n’est pas faux.
Pour un face-à-face, rien n’empêche pourtant de jouer au rami classique à deux. C’est très différent du gin, et tout aussi intéressant : voir notre article sur le rami à deux.
Et Café Rummy dans tout ça ?
Café Rummy est un jeu de rami, pas de gin. On pose ses combinaisons sur la table, on complète celles des autres, on récupère des jokers. Son règlement est un rami à poser sans seuil d’ouverture : deux jeux, six jokers, 13 cartes, de 2 à 4 joueurs, et une seule combinaison suffit pour la première pose. Il diffère donc aussi du rami 51 traditionnel, ce qu’explique la page des règles du jeu.
Pour le reste des familles du rami, de la Scala 40 au Rummikub, voir notre tour des variantes. Et pour la base, il y a toujours la règle du rami complète.
Questions fréquentes
Peut-on jouer au gin rummy à plus de deux ?
Le gin est pensé pour deux joueurs. Il existe des adaptations à trois ou quatre, souvent en tournante ou en équipes, mais le jeu de base reste un face-à-face.
Que veut dire « frapper » au gin rummy ?
C’est mettre fin à la manche en étalant sa main quand les cartes hors combinaison valent peu, 10 points ou moins dans la règle courante. Le mot traduit l’anglais « knock ».
L’as est-il haut ou bas au gin rummy ?
Dans la règle la plus courante, l’as est toujours bas et vaut 1 point. La suite D-R-A n’est donc pas valide, contrairement au rami.
Le gin rummy utilise-t-il des jokers ?
Non, le gin classique se joue avec un seul jeu de 52 cartes, sans joker. Quelques variantes familiales en ajoutent, mais c’est rare.